Lundi 5 mars 2007
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Pourquoi Le Pen ne doit pas être candidat.

"Les signatures des élus doivent constituer un filtre républicain pour empêcher des candidats indignes d'être candidat à la magistrature suprême de notre pays. "
Si vous êtes d'accord avec cet article, demandez à votre maire quel candidat il parraine...et laissez un commentaire.
Samedi 10 février 2007
+ suite 01/03/2007
+ Mise à jour 06/03/2007
(Dimanche 04/02, invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1. Jeudi 08/02 invité d'A vous de juger sur France 2.)
Le Pen a confirmé qu'il avait déjà obtenu environ 450 promesses de signatures d'élus pour sa candidature à l'élection présidentielle. Des élus UMP, UDF, PS et même communistes acceptent de soutenir la candidature du chef du FN au nom de la "liberté".
Ils se trompent. Il ne s'agit pas d'avancer que les positions politiques du FN sur l'immigration, sur les races et sur la peine de mort ne peuvent être exprimées. Mais Le Pen a prouvé à maintes reprises qu'il n'était pas digne de ne serait-ce qu'être candidat. Il a beau dire avec un culot monstre en pensant à lui : il faut "voter pour des gens qui ont fait la preuve de ce qu'ils sont, de la manière dont ils ont conduit leur vie et des qualités qu'ils ont pu démontrer", on entend la phrase à l'envers : il ne faut pas voter pour des gens qui ont fait la preuve de ce qu'ils ne sont pas. Le Pen "souhaite se mettre au service de [son] pays". Il en rajoute, il n'a jamais porté atteinte à "la liberté, au bon goût", il a toujours "respecter ses contemporains". Mais n'a-t-il pas compris qu'à quatre reprises aux présidentielles et la dernière fois de façon incontestable, la France ne voulait pas de lui à une écrasante majorité ?
Pourquoi ?
Le Pen a à plusieurs reprises enfreint une limite à la liberté d'expression. Il a proféré des propos révisionnistes ou négationnistes. Mais qui s'en souvient-encore ? Quel interviewer lui rappelle qu'il a considéré les chambres à gaz comme "un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale".
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13/09/1987
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Chambre à gaz : «Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu, moi-même, en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.» (Grand Jury RTL-Le Monde) |
"Du passé, faisons table rase" et il est invité comme si rien ne s'était passé. Récemment encore, il a déclaré que l'occupation allemande n'avait pas été "particulièrement inhumaine". Il ne faudrait pas non plus oublié la blague de mauvais goût sur le nom d'un ministre : "Durafour crématoire".
Une amende de 10 000 francs a bien sûr tout réglé.
(Toutes les condamnations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen)

Avec sa société de disques, il réédite dans les années 60 des discours et chants nazis, sans doute au nom de la liberté d'expression. Il choisit comme parrain d'une de ses filles, Léon Gaulthier, ancien fonctionnaire de Vichy et lieutenant Waffen SS.
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Paris - manifestation du Front national de Jean-Marie Le Pen - sur cette photographie historique : Hervé Van Laethem (au centre), chef-fondateur de l’Assaut, un groupe d’extrême droite impliqué dans la diffusion négationnisme en Belgique. Aujourd’hui, après un passage à la direction du Front nouveau de Belgique, Hervé Van Laethem dirige le mouvement Nation (photo : « L’affront National », de Gwenaël Breës, éditions EPO, photo : Georges Berghezan). |
www.resistances.be/negat17.html.
Tout cela ne compte pas pour les élus.
Mais dans notre société du spectacle et de l'image, le négationnisme passe mal. Il ne choque pas assez. Aujourd'hui, ce ne sont plus les idées qui choquent mais les images. Alors on peut revoir l'émission durant laquelle Le Pen parla de "détail". Il suffit de voir l'expression de son visage face à l'incrédulité de ses interlocuteurs. Il exprime l'évidence, son évidence, l'odieuse évidence. Il joue les surpris. Ce soir-là, il montra son vrai visage en feignant une expression d'évidence. En tant qu'homme politique, il ne pouvait faire pire. Le Pen n'est pas un historien mais s'il en était un il serait un historien négationniste démontrant par des faux et des interprétations fallacieuses l'inexistence de la Shoah, de ceux qui se sont réunis récemment en Iran pour une conférence.
En janvier 2005, Jacques Chirac a assisté à la cérémonie commémorant à Auschwitz les 60 ans d'ouverture des camps. Il a prononcé un discours. Qui peut imaginer une seconde que Le Pen président aurait fait la même chose ?
Depuis quelques années, Le Pen a compris qu'il ne pouvait plus jouer avec les mots et laisser transparaître ses idées négationnistes. Il se contrôle. Comme personne ne l'emmène plus sur le terrain miné de l'histoire, il est plutôt tranquille. Mais parfois, il laisse échapper des propos qui montrent bien ses vraies convictions.
Le dimanche 15 octobre 2006, dans Dimanche + à Canal +, à propos de la loi sur l'interdiction de nier le génocide arménien, il dit : "en France, on a le droit de ne pas croire en Dieu mais on n'a pas le droit de ne pas croire au génocide arménien". Cette déclaration le rapproche de celle du président iranien Ahmadiniejad qui qualifiait la Shoah de "mythe". Pour le Pen, un génocide est l'affaire du peuple concerné. Libre aux Arméniens et aux Juifs de "croire" qu'un génocide a frappé leur peuple respectivement il y a 90 ans et plus de 60 ans.
Jean-Pierre Chevènement déclarait sur M6 il y a quelques semaines que Le Pen n'avait rien compris à l'histoire du XXe siècle, euphémisme pour dire que Le Pen n'en avait rien à faire des génocides du XXe siècle au point de les nier. A cause de cela, il ne voyait rien de gênant à ce que Le Pen ne soit pas candidat.
Lundi (05/02), Jean-Pierre Raffarin a dit sur France Inter que ce serait "dommage" que Le Pen ne soit pas candidat. Dommage pour Sarkozy. En 2002, Chirac a aidé Le Pen à être candidat ce qui a permis la plus grande escroquerie électorale de l'histoire française, se faire élire dès le premier tour avec moins de 20%.

Ca ne lui a pas suffi à Raffarin de faire gagner le non au référendum par son incompétence, il veut aussi faire perdre son honneur à la France. Raffarin a récidivé : il déclare que la non-présence de Le Pen serait regrettable. Raffarin est très apprécié des élus locaux, son intention, il la partage avec Sarkozy

"FN: Sarkozy a des "arrières-pensées" (PS)
"Le sentiment est qu'il ne fait pas ça au nom d'un impératif démocratique qui aurait pu l'animer depuis cinq ans, mais avec des arrière-pensées bien inquiétantes pour la suite du scrutin", déclare Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal, au sujet de l'appel de Nicolas Sarkozy aux maires non-encartés à parrainer Le Pen. "Quelle alliance recherche Nicolas Sarkozy ?", demande Vincent Peillon. "Il semble une fois de plus - c'est sa marque de fabrique - prêt à tout".(AFP)


Il n'y a pas d'impératif démocratique mais un impératif politique...Les électeurs du FN reporteraient leurs voix non vers Sarkozy mais plutôt vers Bayrou, Villiers, Royal et l'extrême gauche.
(A propos de Raffarin, sa réponse à la question "Pourquoi Sarkozy est-il toujours ministre ?", il a eu la réponse la plus stupide du genre "c'est pas lui qu'a commencé" ou "il n'y a pas que nous qui l'avons fait" en rappelant les personnalités politiques de gauche restées ministre ou premier ministre tout en étant en campagne électorale.)

Le Pen a eu le même type de réponse à propos de la guerre d'Algérie. Jack Lang venait de déclarer que la France devait reconnaître les crimes commis pendant la guerre. Le Pen s'est tout de suite opposé à une telle idée au nom des harkis massacrés et du million de rapatriés ruinés (les pieds noirs sont des électeurs historiques du FN). "C'est une opinion crapuleuse". Le journaliste : "Il y a eu des millions de morts algériens".Le Pen : "Je demande à voir"."Je suis lassé de la repentance. Elle me sort par les yeux. Moi, je suis fier d'être français". Nous, nous avons honte qu'il soit français.
Parce que si Le Pen ne peux plus se permettre des dérapages sur la Shoah, son discours n'a pas changé, il reste le même, on entend toujours cette complaisance envers les dictateurs et ce mépris de leurs victimes.
A propos de l'Irak, Le Pen a rappelé qu'avant l'attaque américaine, le pays était "tenu par l'énergie virile de Saddam Hussein". La "virilité", voilà ce qui plait à Le Pen, entendez la cruauté, l'insensibilité et le meutre de masse
A propos de l'Iran, le Pen dit : "Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher l'Iran d'avoir la bombe". Il ne voit pas ? Il ne voit pas de différence entre "L'inde et Israël". Nous, nous comprenons bien pourquoi Le Pen aime-t-en l'Iran, "ce grand pays, cette grande civilisation". Le Pen partage avec le président iranien l'antisémitisme, l'antisionisme et le négationnisme et l'idée du pouvoir, répression et suppression des libertés. Il conseille même à l'Iran "la voie du plutonium" plutôt que l'uranium. L'arme nucléaire est une "arme de non-emploi" et "de dissuasion". Bien entendu. Il discuterait aussi avec le Hamas élu démocratiquement contrairement aux "faux démocrates". Beau tour de force de considérer que la démocratie doit servir à mettre au pouvoir des islamistes.
Mais comment dit-on déjà...les ennemis de mes ennemis sont mes amis.
Si on rajoute à cela une agression physique contre une élue et une déclaration sur l'inégalité des races, on comprendra pourquoi Le Pen n'est pas digne d'être candidat.

le "cv de Le Pen"
http://www.decadi.com/lepen.html
Le Pen parle aux élus de "courage" et de "civisme", de "liberté" et d'"équité", ment en affirmant qu'il n'y a rien dans son passé qui justifie sa mise à l'écart et les élus l'écoutent religieusement, "les maires sans étiquette", "les hommes d'honneur" selon Le Pen."Personne n'a rien fait pour améliorer la position des maires qui sont tous sont hostiles à cette manière de faire". Le Pen dénonce la publication des noms des maires qui ont soutenus chaque candidat. Dupont-Aignan dit qu'"un parrainage, ce n'est pas un soutien". Les élections municipales auront lieu l'année prochaine. Chaque électeur pourra reprocher à son maire sortant d'avoir soutenu tel candidat. N'est-ce pas cela la démocratie ? Les électeurs jugeront le choix de leur maire. Un maire qui soutient Le Pen en donnant sa signature est dans l'erreur. La sanction appropriée sera bien trouvé par les électeurs, s'ils ont un peu plus de morale, de vraie morale, que leur maire.
Certains maires se font acheter. 1000 euros la signature ! Maire sans étiquette mais pas sans prix.
http://www.lexpress.fr/info/france/elysee_2007/actu.asp?id=9509

Il prétend que sa non-candidature serait "une catastrophe pour moi et pour le pays". Ce ne sera une catastrophe que pour lui. Même pas pour le FN. Et pour la France, ce n'est pas à moi de juger.
Les signatures des élus doivent constituer un filtre républicain pour empêcher des candidats indignes d'être candidat à la magistrature suprême de notre pays.
Il ne s'agit pas d'éliminer les extrémistes. Ils doivent avoir le droit d'exprimer leurs théories. Il s'agit d'éviter de salir l'honneur de la France avec des candidats délinquants ou criminels. On aurait pas idée de permettre à un pédophile d'être candidat.
Le Pen prétend que le système des signatures a été spécialement fait pour "le nuire". Comment cela se fait-il qu'il a toujours pu se présenter à chaque élection. Le filtre aujourd'hui se fait avec l'argent. Seul un candidat disposant de moyens financiers suffisant peut se présenter. Pour l'argent, Le Pen n'a pas de problème. Même pas besoin de puiser dans sa fortune personnelle. Le Pen a beau qualifié l'ISF d'"impôt imbécile" fondée sur une "haine des riches", on a du mal à ne pas voir l'intérêt qu'il aurait à la suppression de l'ISF
Pour dire que la liberté politique n'est pas en jeu, j'affirme personnellement que je ne suis pas contre une candidature de Marine Le Pen. La fille de Jean Marie Le Pen est aussi extrémiste que son père mais n'a pas le même rapport avec le nazisme. Mais il est difficile de lui faire confiance. Pourquoi est-elle encore au FN après les dérapages, dérapages par rapport au discours officiel "policé", de son père ou de Bruno Gollnish ?
Jean-Pierre Elkabash lui demande si sa fille ne serait pas plus amène de recueillir 500 signatures. Le Pen : "Et ma cuisinière aussi !"
1 mars 2007
J-16
Il manquerait 100 signatures à Le Pen. Est-ce vrai ? En 2002, Le Pen nous avait le même coup, bien rôdé à la théorie du complot de l'établissement contre lui. Les médias se font peut-être avoir une nouvelle fois par le système Le Pen de victimisation.
Autre possibilité plus réjouissante : Le Pen n'a pas encore les 500 signatures et ne les aura pas le 18 mars...on peut rêver. On verra bien le 18 mars si nous sommes toujours en République.
A ceux qui pensent que Le Pen doit-être candidat car il représente 1/5 ème des électeurs, je rappelle qu'il s'agit d'un problème de personne. C'est le problème du FN s'il présente comme candidat une personne indigne de la fonction présidentielle, donc indigne de recevoir le soutien des élus de la République. Le FN ne peut pas se plaindre après de ne pas avoir de candidat à l'élection. Dans son interview au Point tout le monde a retenu le mot "incident" comme qualification des attentats du 11 septembre. Il aurait fallu aussi se scandaliser de ses propos sur le voile dont on devine bien qui les lui a inspiré : "je ne vois pas d'inconvénient à ce que les femmes musulmanes se promènent avec le voile. Cela a déjà l'avantage de rendre leur présence visible".
Cela me terrifie de penser qu'en France plus de 60 ans après la fin de la guerre plusieurs villes ne sont pas encore libérées, tenues par des néo-fascistes du FN et que, peut-être, nous aurons une nouvelle fois au premier tour de l'élection présidentielle un candidat revendiquant le même héritage. Les 141 000* déportés de France vers les camps nazis ne pensaient sûrement que "quand tout serait fini" rien ne serait fini, le fascisme ne serait pas mort et continuerait d'exister en Europe, légalement. J'aimerais qu'on pense parfois à eux. Mais c'est peut-être trop demander aux Français qui ont bien d'autres problèmes comme la hausse du prix du tabac, les radars automatiques,...
On peut toujours jouer sur les mots et j'ai longtemps répugné à qualifier Le Pen de fasciste. Je crois que ce n'est pourtant pas abusif, en considérant le fascisme de façon générique, et non pas en le restreignant au fascisme italien.
*Les travaux de l’Institut d’histoire du Temps Présent et du Ministère des Anciens combattants retiennent un chiffre de 141 000 déportés.
75 000 environ pour des raisons raciales ( 2 500 survivants)Il convient d’ajouter 4 000 victimes mortes ou exécutées pendant leur internement en France.
66 000 environ pour des raisons diverses dont 42 000 pour faits de résistance ( 23 000 survivants)
Le texte de Nuit et brouillard : http://combats.over-blog.com/article-5891577.html
15 mars 2007
Le Pen a ses 500 signatures. rendez-vous dans cinq ans pour reprendre le combat. les noms des 500 traîtres vont être publiés après l'élection présidentielle, mais avant les municipales