Il ne d'agit pas de désinvolture ni de dérapages coupables mais bien de négationisme revendiqué. Le négationisme, en France, n'est pas permis par la loi. Dans certains pays, il est encouragé par l'Etat.
On se souvient du tollé légitime prononcé par l'homme politique le plus détesté de la Ve République, Le Pen. Quand Le Pen qualifie de "détail" les chambres à gaz, il ne dérape pas, il sait ce qu'il dit, il est, comme beaucoup de membre de son parti, négationniste. Mais il ne peut le dire ouvertement. Si le mot "détail" a choqué, qu'en aurait-il été s'il avait dit à la place le mot "mythe" ? Le mot "mythe" ce n'est pas un chef de parti minoritaire qui l'a dit mais un chef d'Etat, un président de république, république ismamique ce qui change tout. Mahmoud Ahmadinejad l'a bien utilisé. Lors de la visite le 3 septembre 2006 du futur ex secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, lui a serré la main et a dit que "l'Holocauste est un fait historique indéniable" après que le porte parole de la "diplomatie" iranienne ait déclaré que "son ampleur [celle de l'Holocauste] était exagérée". Ce genre de phrase, Le Pen pourrait la dire. Il a bien compris les règles de diplomatie. Si le diplomate parle d''exagération" plutôt que de "mensonge", ce n'est pas parce qu'il ne partage par les idées de son présient, il fait juste son travail.
Le régime islamique de Téhéran a un grand ennemi, Israël. Comme Hitler en son temps, le président incite la population à la haine antisémite. Je n'aime pas les comparaisons, eux si.
La différence entre aujourd'hui et hier est que le génocide des Juifs a eu lieu.
Les nazis, les SS en particulier, dans leur travail de meurtre de masse ont pris soin de faire disparaître les preuves de leurs crimes en particulier lorsqu'ils ont senti que le 3e Reich loin de durer mille ans aller se terminer vite par la défaite de l'armée sur tous les fronts. On connaît bien sûr la pratique de crémation des corps dans des fours crématoires. Mais de tels fours cramatoires, il y en avait pas partout. Par exemple à Treblinka, il n'y a jamais eu de four crématoire. Alors qu'un groupe de prisonniers du camp préparaient une révolte, il fut donné l'ordre de déterrer les corps enterrés dans d'immenses fosses. il s'agissait de plus de 700 000 corps. Pour les faire disparaître, un expert en crémation des corps du venir apporter son aide et après plusieurs tentatives trouva la bonne "méthode", la bonne façon de faire un bûcher humain. Après la révolte réussie des prisonniers (600 ont réussi à s'évader, d'autres sont morts en combattant les SS et les gardiens), le camp fut rasé. Après avoir fait disparaître les victimes, les nazis ont fait disparaître la machine du crime, le camp. Le négationnisme jusqu'alors se résumait à nier que le génocide se comettait. A partir de la fin de la guerre, le négationnisme consista à nier qu'il avait eu lieu.
Le négationisme nie la mort de millions de personnes. Pour cela il est abject. Il n'est pas un déni de la vérité seulement. Les négationistes disent "tant mieux qu'on ne croit pas souvent à notre mensonge, l'idée est là, la mort d'un JUIf; d'un millier, d'un million ou de six millions est sans importance". Le mécanisme de cette folie est très simple, bien plus qu'on veut le faire croire. Le négationnisme a survécu à soixante ans de témoignages, de preuves. Mais ce qui interpelle aujourd'hui est la mise à la une de l'actualité mondiale du négationnisme par le président iranien. A la tribune, le président parle, l'assemblée écoute. Derrière lui, un écran géant. Y est écrit "World Without Zionism". Ahmadinejad n'y va pas avec le dos de la cuillère. Il hait tout ce qui est juif et dit que la Shoah est un "mythe". Le régime contrôle les télés et les journaux, la population sait le jour même ou le lendemain ce qu'elle doit penser, ainsi est une dictature.
Et le monde s'en moque.
Comme il se moque depuis presque trente ans des crimes commis au nom de la religion, des femmes assassinées, des homosexuels pendus, des opposants exécutés, des emprisonnements infondés et des tortures quasi-systématiques des détenus.
Il se moque parce que la mémoire n'est pas un enjeu politique et les droits de l'Homme ont toujours été des droits égoïstes. En France, on ne s'émeut pas des propos qui sont proférés et applaudis. 'L'Iran c'est loin, la Shoah c'était il y a si longtemps". La paix à tout prix.
On s'inquiète plutôt du programme nucléaire iranien. Trop tard pour s'inquiéter. L'idéologie a eu le temps de faire sa loi en Iran, la bombe ce n'est qu'un pas de plus. Alors on discute, on négocie, on flatte le régime. Philippe Douste-Blazy parle de "rôle stabilisateur" de l'Iran dans la région.
Après la publication des caricatures de Mahomet au Danemark, la colère des musulmans manipulés par des groupes d'intégristes rôdés à la propagande a étonné les occidentaux. Les foules furieuses brûlent des drapaux danois, américains, israëliens et prennent d'assaut des ambassades. Lorsque Ratzinger, en citant, dit que l'Islam est une religion violente, que se passe-t-il ?. La majorité des musulmans réagissent sans violence, quelques-uns, non sans intention manifestent en vociférant des paroles de haine, brûlent et tuent. On comprend encore moins comment, par quel raisonnement, les offensés en sont-ils arrivés à poser cette question : "Comment réagiriez- vous si on publiait des caricatures sur l'Holoauste ?". En fait, on finit par comprendre. Volontairement, les islamistes essaient de faire croire que la Shoah est un "mythe", c'est à dire une série de faits que les Juifs peuvent croire et que les non-Juifs ne sont pas tenus d'y croire. C'est bien la définition d'un mythe. Evidemment la religion de l'autre est toujours composé de mythes et celle à laquelle on croit basée sur une histoire vraie. On voit bien l'ignominie d'un tel raisonnement et en premier lieu son caractère fallacieux et tout simplement faux. Le tour est joué, la Shoah sort de la réalité historique pour entrer dans le monde des croyances. et malheureusement beaucoup sont dupes.
Le négationisme ne concerne pas que la shoah. Le génocide des Arméniens par les Turcs est aussi nié. En Turquie, on risque la prison pour avoir affirmer que les Arméniens ont été victimes d'un génocide pendant la première guerre mondiale, on risque la mort aussi. Récemment, un homme a été tué par un autre homme pour avoir dit que des hommes avaient été tué par des hommes.
De l'usage des mots
Le Hezbollah, "parti de dieu", implanté au Liban-sud, a durant la présence israëlienne dans leur région s'est constitué pour combattre l'armée d'Israël et organisa des actions terroristes à l'instar des Palestiniens. En 2000, l'armée israëlienne se retire de sa propre initiative. En juillet 2006, répliquant à des enlèvements de soldats et des tirs de roquette, Israël lance une opération militaire aérienne et terrestre contre le Liban. Les miliciens du Hezbollah empêchèrent l'armée d'avancer. Pour ne pas s'enliser dans une guerre vaine, comme la France en Algérie, les Etats-Unis au Vietnam et aujourd'hui en Irak, l'armée se retira.
Les journalistes abusèrent des mots "résistance" et "résistants" pour parler de la milice Hezbollah, légion étrangère de l'Iran, et les terroristes qu'ils rencontraient avaient un discours bien préparé pour les Occidentaux : "lors de l'occupation israëlienne, nous avons résisté. Certains de nos camarades ont été arrêté et emprisonné en camp de concentration. Les Israëliens nous traitent de terroristes comme les nazis le faisaient pour les résistants en France. Nous ici nous avons comme modèle Jean Moulin. Après le retrait de l'armée sioniste en 2000, nous avons condamné ceux qui avaient collaboré." Voilà comment ils parlent ! Ils citent sans vergogne Jean Moulin ! Le monde à l'envers, la nausée.
A défaut d'avoir réussi à se construire une image de respectabilité ( avec l'argent iranien, le Hezbollah a construit des écoles et des hôpitaux), ils se comparent aux combattants du nazisme, eux les combattants pour une république islamique comme celle de Téhéran, contre la seule vraie démocratie de la région, Israël qui si elle a commise des erreurs, et elle en a commise beaucoup, sait les reconnaître.